je suis gentille

8,00

Édition imprimée extrait d’un journal intime d’anonyme dans les années 2000.
Format A5 (148x210mm). 12 pages. 15 exemplaires numérotées. Couverture peinte à l’aquarelle.

Lien de la vidéo incluant l’édition dans son projet globale : https://youtu.be/Z1z87vWghro

Extrait daté du 5 novembre 2020 de mon propre journal intime :

” En Octobre 2020 (un bail lol), j’ai trouvé un journal intime d’une enfant dans les années 2000. À l’intérieur elle raconte deux/trois trucs mais surtout à la fin il y’a 9 pages entières de “je suis gentille”. 145 “je suis gentille”. Impressionnant. Au milieu de pleins de pages vierges il y’a “Je vais maitre caite p*** à l’autital”.
Ça m’a interpellé. Est ce que c’est pour se pardonner à elle même de sa violence qu’elle s’est infligée cette “punition” ? Ou est ce qu’elle essayait de se convaincre elle même qu’elle est gentille ? Pas de se convaincre. Plutôt de se rassurer. De se le dire pour pouvoir y croire (la définition de se rassurer –‘). C’est violent.
J’ai décidé de l’éditer car ça m’a bouleversé et j’ai trouvé intéressante cette tranche de vie très brute et personnelle. Très représentative aussi de l’enfance et de l’injonction à être quelqu’un de bien que l’on se traine tout au long de notre vie. Qui nous fait douter de nous, souvent.
La pression de ne pas avoir le droit d’avoir des émotions “négatives” : être en colère, crier, critiquer, pleurer, ne pas aimer. Fatiguant.
La repression de ces émotions me semblent conduire à des bails compliqués pour s’accepter. Mais il est tellement inscrit dans la convention sociale que nous devons être constant et sympa… tout le temps…
Moi je n’y arrive pas.

J’arrête ma pensée ici. Par flemme. Et aussi peut-être parce que j’ai peur de raconter n’importe quoi. Et je dois encore développer ce que j’ai fait après.

J’ai monté l’édition et j’ai fait des couvertures peintes à la main “je suis gentille”.
Hier j’ai fait un dessin assez violent que je ne pourrais pas publier. Par honte de diverses choses, mais notamment de la violence dont j’ai fait preuve. Moi qui tient un bras, les yeux vides qui pleurent du sang, debout, au milieu du salon de “mon crush”. Ce dernier gisant à mes pieds.
Ça ressemblait drôlement à la violence de la phrase de l’hôpital de l’anonyme du journal.
Donc j’ai fait comme elle. Sur des feuilles A5, j’ai écrit 145 “je suis gentille”.
Ça fait un bon petit tas de feuillets.
Demain je les collerais sur un mur et je ferais une photo de mon mur avec mon dessin devant.

Je viens de penser que ça serait trop top que je fasse ça sur un mur dehors. Mais je ne suis pas courageuse. J’ai peur de la police.

Une loi est en discussion pour faire que filmer et diffuser des images de la police devienne un délit. J’ai peur. ”

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